Une formule pour prédire les effets secondaires des médicaments
Des chercheurs de Boston affirment pouvoir prédire les effets secondaires d’un futur médicament avec un modèle mathématique exploitant les énormes bases données existantes.
Un médicament n’étant pas un produit comme les autres, il doit d’abord franchir de nombreux obstacles: des tests de son efficacité et de sa non-toxicité chez différents modèles animaux, une longue phase de tests cliniques sur des cobayes humains (en principe) volontaires pour avoir, enfin, son autorisation de mise sur le marché.
Une fois ces étapes validées, les autorités sanitaires, comme l’Afssaps en France ou la FDA aux États-Unis, autorisent à la vente la molécule. Seuls 10 % des médicaments parviennent jusqu’à ce stade.
Malgré tous les tests effectués, on détecte parfois des effets indésirables imprévus aux conséquences parfois lourdes, obligeant les plus hautes instances à revoir leur position et parfois à retirer le produit du marché.
Une base de données pour traquer les effets secondaires
Étant donné le recul dont on dispose avec toutes les molécules mises sur le marché, ainsi que tous les retours qui sont parvenus, les médecins ont envisagé de se servir de cette immense base de données pour établir un lien entre les différents principes actifs et les potentiels effets secondaires qu’ils déclenchent.
Les dossiers pour une autorisation de mise sur le marché doivent être très bien informés. Ils sont composés en trois parties : la qualité, l’efficacité et la sécurité. Malgré tout, certains médicaments entraînent des risques plus importants que les bénéfices qu’ils prodiguent.
Pour tester leur modèle, les auteurs se sont servis des informations contenues dans une base de données de sécurité des médicaments datant de 2005 comportant toutes les informations nécessaires sur la chimie des médicaments.
À partir de 809 molécules et de leurs 852 effets indésirables associés, ils se sont projetés sur les médicaments susceptibles d’entraîner des symptômes similaires. Ils ont alors comparé leurs résultats avec des données datant de 2010.
Jusqu’à 42 % des effets indésirables révélés
Bilan ? Les mathématiques ont pu prévoir des relations médicaments-effets secondaires alors inconnues en 2005 mais documentées en 2010, attestant de la capacité du modèle à anticiper des effets jusque-là jamais constatés.
Ce modèle a également pu identifier 42 % des effets indésirables révélés entre 2006 et 2010. Enfin, il a confirmé l’absence d’effets secondaires pour 95 % des médicaments.
Si la méthode n’est pas entièrement fiable, elle permet de pointer du doigt les produits ayant une forte probabilité d’engendrer leur lot de symptômes non souhaités et donc de permettre une réévaluation ou un renforcement des contrôles par les autorités sanitaires. Aujourd’hui, il faut attendre que des patients se plaignent et souffrent pour reconsidérer l’intérêt d’un médicament. Un tel outil, même s’il reste perfectible, pourrait ainsi prédire certains scandales sanitaires avant qu’ils ne se produisent.
Source : futura-sciences