La Ritaline sur le long terme

La Ritaline, ou méthylphénidate, est une molécule de la classe des amphétamines, utilisée principalement dans le traitement symptomatique de TDA ou TDAH (trouble du déficit de l’attention avec ou sans hyperactivité).

HyperactivitéIl y aurait plus de 3 millions d’enfants qui prennent de la Ritaline (Rilatine, Ritalin, MPH…) aux USA en 2012. Une pénurie de ce médicament eut lieue vers la fin de l’année dernière, ce qui alarma les parents qui jugent le MPH absolument indispensables pour un fonctionnement normal de leurs enfants. Mais ces médicaments vont-ils vraiment aider les enfants à plus long terme? N’y a t’il pas une surévaluation de ce trouble? Devrions-nous vraiment continuer à augmenter le nombre d’ordonnances médicales?

En 30 ans, la consommation de Ritaline a été multiplié par 20 pour le trouble déficitaire de l’attention aux USA…

Le méthylphénidate a fait ses preuves à court terme en augmentant la concentration des enfants et les adolescents et en les calmant paradoxalement (la famille des amphétamines sont des excitants). Mais lorsqu’il est administré aux enfants sur de plus longues périodes, ils ne semblent pas améliorer ni les résultats scolaires, ni les troubles du comportement (en comparaison aux étudiants non atteints par ce trouble).

Nous sommes donc loin du médicament miracle, qui peut avoir des effets secondaires graves, ainsi que retarder la croissance.

La Ritaline augmente la concentrationMalheureusement, peu de médecins et de parents semblent être conscients du manque d’efficacité de ce traitement sur le long terme et des éventuels dégâts neurologiques et psychiatrique qu’ils peuvent engendrer.

Dans les années 1960, la plupart des psychologues croyaient que les enfants ayant des difficultés de concentration étaient atteints d’un problème cérébral d’origine génétique et, comme les diabétiques de type I ont besoin d’insuline pour corriger leurs problèmes de santé, ces enfants semblaient avoir un dérèglement de neurotransmetteurs dans le cerveau et qu’un simple médicament en arriverait à bout.

Dans les années 1970 , des dizaines d’études bien contrôlées ont montré que ces médicaments amélioraient immédiatement les performances des enfants pour toutes tâches répétitives nécessitant de la concentration et de la diligence.

Les enseignants et les parents ont également rapporté une amélioration du comportement dans presque toutes les études de courte durée. Cela a entraîné une augmentation des traitements médicamenteux et a conduit à la conclusion que la théorie du « déficit du cerveau », principalement en dopamine, s’avérai exacte et non contestable.

Malheureusement les choses ne sont pas si simples, le cerveau humain étant très complexe…

Travaux demandant de la concentrationDe nombreuses questions restent sans réponses, notamment concernant les mécanismes exactes de cette molécule.

La Ritaline, et l’Adderall (utilisé dans une moindre mesure, c’est une combinaison de dextroamphétamine et d’amphétamines) , sont des stimulants du système nerveux central ( SNC ). Alors pourquoi semblent-ils calmer les enfants? Certains experts pensent que le cerveau des enfants avec des problèmes d’attention est différent, et que c’est pour cela que le stimulants ont cet effet paradoxal sur eux.

Cependant, il n’y a pas vraiment pas de paradoxe! Des dérivés de ces médicaments ont été donnée pendant la Seconde Guerre mondiale à de nombreux soldats (dans chaque camps!) pour les aider à rester éveillé et à rester concentré, parfois des jours durant. Et quand nous avons examiné ces drogues sur des enfants sans déficit de l’attention dans les années 1990 nous avons constaté que tous les enfants ont répondu aux des stimulants de la même façon!

En outre, si les médicaments ont aidé les enfants à être plus attentifs en classe, ils ont également augmenté l’activité dans la cour de récréation. Les stimulants ont généralement les mêmes effets pour tous les enfants et les adultes. Ils améliorent la capacité à se concentrer, en particulier sur les tâches qui ne sont pas intrinsèquement intéressantes ou quand on est fatigué, mais ils n’améliorent pas l’apprentissage en tant que tel..
cerveau TDA/HComme les médicaments utilisés comme coupe faim pour les régimes (puis abandonnés), les stimulants ont le même effet sur les enfants et leurs font perdre du poids après un usage prolongé. Certains experts ont soutenu que les enfants avec TDA ne développeraient pas de tolérance ni de dépendance parce que leurs cerveaux étaient différents. On sait maintenant qu’ils peuvent développer une tolérance à la Ritaline, et donc que son efficacité diminue avec le temps. De plus, si on arrête rapidement le méthylphénidate, un manque apparaît et les symptômes TDA/H reviennent amplifiés!

En 2009, les résultats d’une étude ont été publiés: 600 enfants atteints de troubles de l’attention, suivis depuis 10 ans, ont reçu ou une thérapie cognitivo-comportementale seule, ou avec MPH, ou avec les 2. Au début, cette étude montre que les médicaments ainsi que la thérapie, produit les meilleurs résultats. Cependant, après 3 ans, ces effets ont disparu, et au bout de 8 ans il n’y avait plus de preuves que le médicament donnait un avantage académique ou comportemental.

Plus facile de classifier que de soigner
Mettre des enfants sous Ritaline ne fait rien pour changer les conditions qui peuvent perturber leur développement, tout comme les anxiolytiques pour les crises d’angoisses, elle ne fait que cacher les symptômes de soucis parfois plus profond… La prescription est un acte plus facile et moins onéreux qu’une longue observation que réclamerait un traitement personnalisé.

Il n’y aura jamais une solution unique pour tous les enfants ayant des problèmes d’apprentissage et de comportement. Alors qu’un petit nombre puisse bénéficier d’un traitement médicamenteux à court terme et à grande échelle n’est pas en soit une mauvaise chose, mais ce traitement pour des millions d’enfants n’est peut-être pas une réponse suffisante…

L’illusion que les problèmes de comportement des enfants peuvent être réglés avec des médicaments nous empêche en tant que société, de rechercher les solutions plus complexes qui sont pourtant nécessaires.

The New York Times

2 réponses - Répondre

  1. evelyne dit :

    A quand une étude mettant en parallèle une cohorte d’enfants « médicamentés » et d’autres qui ne le seraient pas mais recevraient chaque jour une alimentation saine et de qualité (fruits frais, légumes, oléagineux, protéines et céréales, de qualité, légumineuses, etc…) et qui auraient une activité physique régulière de plein-air, sans heures passées devant un écran d’ordi, la télé ou une console de jeux…
    lorsqu’un enfant a une vie saine, pourquoi le médicamenter ? pour être sûr de pouvoir le « nourrir » de médicaments tout au long de sa vie d’adultes…
    A QUI PROFITE LE CRIME ???

  2. Patricia Maillard dit :

    Mère de deux enfants que l´on pourrait appeler « modèles », intelligents, tranquilles, réfléchis, prudents sans être peureux, curieux et très vitales, je suis tombée dans le désarroi le plus total avec mon troisième enfant.
    Bébé et jusqu´à presque 2 ans, il dormait presque 20 heures par jour, au point que je m´en suis inquiété auprès de mon pédiatre qui était aussi psychiatre et psychologue pour enfants et adolescent. Pas de problème m´a-t-il dit même quand il dort l´enfant se développe.
    Lorsqu´il a commencé à marcher j´ai compris qu´il n´était pas tout à fait comme son frère ou sa soeur. Mon leitmotiv permanent est très rapidement devenu « toujours plus prés de l´enfant que l´enfant de n´ importe quel danger ou n´importe quelle circonstance que tu ne pourras pas contrôler ». Toute promenade devenait un défi à tous mes sens. Les visites dans les magasins un défi à ma responsabilité civile. Entouré de personne parlants des langues différentes il adressait ses premiers balbutiement à chacune d´elle avec des mots de sa langue. Il est devenu la terreur de son jardin d´enfants. Les parents me regardaient comme une extraterrestre et semblaient étonnés de ne pas avoir à faire à une alcoolique profonde ou à une droguée irrécupérable ou à quelque personnage excentrique.
    24 heures sur 24 mon attention était accaparée par mon fils.
    J´ai fini par faire des ménages pour mieux gérer mon temps et pouvoir être en permanence avec lui.
    Mon fils était souvent extrêmement triste, solitaire, tous ses petits camarades le fuyaient. Les parents me poursuivaient et essayaient de faire renvoyer mon fils de l´école. Les « bien pensants » d´une école catholique ont même réussi avec une méthode « écoeurante ». Son QI testé lorsque je cherchais de l´aide pour pouvoir l´aider s´élevait à l´âge de 5 ans à 147 en langue allemande alors que nous parlions espagnol à la maison.
    Fanatique de musique et d´opéra il connaissait par coeur la vie des musiciens et ne se trompait pas sur l´auteur d´une pièce. Les opéras de Wagner étaient la seule occupation capable de le faire rester assis pendant plus de quatre heures, sans toutefois renoncer à expliquer à ses voisins ce qui allait arriver et quel en était le sens vu de la perspective mythologique.
    Expulsé de la première école où il avait été amèrement réprimé pour avoir fait tous les exercices de mathématique des trois premières leçons en une soirée, et mis la maîtresse le jour suivant dans l´embarras puisqu´il ne cessait de se déplacer et de distraire ses petits camarades parce qu´il s´ennuyait, il me fut impossible de faire comprendre que s´il passait en préparatoire seconde année, avec un maître, il avait peut être une possibilité de suivre et de se calmer pour quelques semaines. Menacé d´être envoyé dans une école pour enfants délinquants, je dus le changer d´école. Pendant deux mois j´ai cherché près de chez moi une école qui voudrait bien se charger de lui faire accomplir sa primaire sans le jeter.
    Pendant ce temps le pédiatre et une amie m´avaient déjà parler de la ritaline. Mais je ne voulais pas « mettre mon fils sous médicaments ».
    Donc j´ai tout essayé. Homéopathie, changement de nourriture, régimes sans excitants, ou sans sucre blanc, sans phosphates…………………….., lisez toute la littérature de régimes soi-disant aidants les enfants hyperactifs et je crois que je n´en ai oublié aucun.
    RIEN.
    Je ne raconterai pas les fugues à toute heure du jour et de la nuit, en tram, à pied, en pyjama….
    Dans les groupes d´enfants, chaque fois qu´un enfant pleurait mon fils était dans l´histoire…
    Ma convocation par la police criminelle de Cologne…… pour voir s´il ne fallait pas mieux me retirer mon fils parce que je n´étais pas capable de l´éduquer. Je passais l´épreuve avec les honneurs. Mon fils était suivi en permanence par un psychologue, mon état culturel et physique était hors de doute.
    Je ne buvais pas d´alcool, je ne me droguais pas et je ne fumais même pas. Je passais ma vie dédiée à mes enfants et les deux premiers avec leurs succès permettaient de démontrer que je savais plus ou moins ce que je faisais.
    Lorsqu´en 5 ème le problème redémarra de plus fort et mon fils était renvoyé deux semaines parce que personne ne pouvait plus le contrôler au lycée et que tant son rendement que son influence sur le climat de désordre et de tension dans la classe devenaient critiques (Il avait trouvé sa place en faisant le clown en permanence)
    Je décidais donc dans le désespoir de suivre les conseils de mon pédiatre et de lui donner une dose minimale de ritaline parce que je ne supportais plus de voir cet enfant dans cet état de tristesse t de désarroi, collectionnant échec sur échec sans avoir une seule expérience positive de la vie.
    Deux semaines à la maison où il avança seul avec le programme, et nous testions la ritaline.
    Je n´en ai pas parlé aux professeurs bien sûr, puisqu´en première expérience l´école ne voulait pas d´enfants sous ritaline.
    Retour au lycée, et le résultat ne se fit pas attendre.
    Deux jour après son retour je recevais des appels des professeurs me demandant ce que j´avais fait à mon fils ou me disant combien le fait de l´avoir expulsé deux semaines s´était avéré positif puisqu´il s´était transformé en un enfant modèle, coopérateur, et extrêmement bénéfique pour la dynamique de la classe et que tous se montrèrent émerveillés de ses connaissances jusqu´à le qualifier d´érudit.
    Je fus même félicitée en réunion de parents d´élèves. Mon fils commença à vivre des expériences positives, à être félicité, à être invité à tous les anniversaires, à être nommé chef de classe, ce qu´il refusa. Je vis enfin mon enfant heureux et adapté. Développant ses qualités mais attaché émotionnellement à sa classe puisqu´il refusa de sauter une année pour rester avec ses amis.
    Sans la ritaline je dois dire que mon fils se serait probablement suicidé ou serait devenu un vrai délinquant….moi personnellement je n´aurai pas pu longtemps continuer dans cet enfer…
    Il a 19 ans, n´est plus sous ritaline…. Mais si le chemin n´est pas fini… bien loin de là, il sait au moins ce qu´est le « succès » et peut y revenir quand il veut, il considère malgré tout son enfance comme une enfance très heureuse et sait qu´il est aimé…
    Et moi je regrette de ne pas l´avoir mis avant sous ritaline et de ne pas lui avoir épargné ce via crucis plus tôt….

Laisser un commentaire

Tout savoir sur les anxiolytiques is Stephen Fry proof thanks to caching by WP Super Cache

La page mise en cache à 05h04 le 19/05/2012 - Par : 38.107.179.208 avait effectué 97 requêtes sql et s'était affichée en 0,315 secondes