La dépression saisonnière et la lumière
Nommé également trouble affectif saisonnier (TAS), cette dépression est en lien avec la diminution progressive de l’ensoleillement, et donc du manque de lumière naturelle qui survient en automne ou en hiver (bien que de rares cas aient lieux au printemps ou en été, pour des personnes ne supportant pas le soleil et/ou la chaleur).
Ce trouble est bien connu dans les pays nordiques où les hivers sont très peu ensoleillés, et les cas donc plus fréquents. En France 1 à 2 personnes sur 5 seraient touchées modérément et 1 personne sur 20 peut développer une dépression sévère.
Des neurones capables de stimuler notre réveil quand apparaît la lumière du jour auraient un lien avec ce trouble: localisés dans l’hypothalamus, ils sécrètent de l’hypocrétine (ou orexine). La perte de ces cellules, et donc la diminution d’hypocrétine chez l’homme, entraine une narcolepsie (endormissement inopportun incontrôlable) et rend somnolent les patients atteints de la maladie de parkinson. Toutefois, le rôle exact de ce neurotransmetteur dans le comportement humain reste mal compris.
Des chercheurs ont examiné le comportement de souris modifiées génétiquement pour ne plus sécréter d’hypocrétine. En comparant des souris qui sécrètent de l’hypocrétine et d’autres incapables d’en sécréter, les scientifiques constatent que ces dernières étaient incapables de rester éveillées sous la lumière. Ils mettent en évidence que les souris modifiées ne sont plus capables d’accomplir des tâches simples qui mènent à l’obtention d’une récompense lors d’une exposition à la lumière. Pourtant elles conservent toutes leurs capacités dans le noir. Chez les souris non modifiées, les scientifiques constatent que les neurones sécréteurs d’hypocrétine sont activés lorsqu’elles accomplissent leur tâche sous la lumière, mais inactivés pour accomplir une tâche identique dans le noir.
On sait depuis longtemps qu’une lumière vive rend l’endormissement plus difficile. La luminothérapie, qui consiste à remplacer la lumière du soleil par des lampes puissantes (jusqu’à 10000 lux au rayonnement proche du soleil) pendant une demi-heure, donne d’excellent résultats équivalent à la prise d’antidépresseurs. C’est donc une thérapie de première ligne pour les dépressions saisonnières légères à moyennes.
Une nouvelle piste médicale contre la dépression serait d’administrer de l’hypocrétine et de stimuler les cellules qui y sont sensibles pourrait accroître la réponse à la lumière. A l’inverse, bloquer les récepteurs à l’hypocrétine pourrait réduire cette réponse et potentiellement favoriser le sommeil, donc de servir comme hypnotique (somnifère).