Le mystérieux effet placebo

Le placebo est un faux médicament ne possédant aucune activité pharmacologique et est réservé à la réalisation des essais médicamenteux.

L’effet placebo caractérisé par une amélioration des symptômes corporels et psychiques dont se plaignent les patient est observé après la prescription de médicaments mais également lors de la mise en œuvre de toutes les médecines alternatives, des interventions et des techniques de soins de la médecine classique.

La relation avec un médecin faisant preuve d’empathie, disponible pour écouter, acceptant de répondre aux questions, informant le patient sur ses propositions diagnostiques et thérapeutiques, mettant en œuvre les décisions du malade est toujours à l’origine d’un effet placebo car de cette relation émane une confiance apaisante.

Expérimentalement les placebos ont des effets mesurables : ils peuvent ralentir ou accélérer le rythme cardiaque, faire courir plus vite les athlètes, abaisser la tension artérielle et des effets subjectifs sur les douleurs, les céphalées, les troubles digestifs, sexuels respiratoires, calmer des états anxieux sans prise d’anxiolytiques etc.… Ils agissent sur la plupart des patients pour lesquels ils constituent la promesse d’une amélioration.

Expérimentalement l’effet placebo peut être mesuré sans recourir à un placebo en utilisant un médicament dont l’efficacité est certaine (par exemple de la morphine pour calmer une douleur postopératoire, ou un bêta bloquant pour ralentir le rythme cardiaque). Le médicament est injecté à l’insu ou non du malade.

Dans ces conditions l’effet placebo apparaîtra à trois conditions : le patient doit savoir qu’un traitement a été institué, le médecin prescripteur doit l’avoir dit, le malade doit croire à l’efficacité du médicament.

Si le médicament est donné à l’insu d’un patient l’effet placebo n’apparaît pas.

De plus lorsque le patient sait qu’un traitement par la morphine a été interrompu il souffre davantage que celui qui ne le sait pas.

En pratique les effets placebos n’apparaissent que lorsque le sujet à foi dans le médicament, ils sont également fonction de la force de persuasion du prescripteur et de sa capacité à suggérer une amélioration.

Mais comment les placebos agissent-ils ? Les techniques d’imagerie cérébrale qui montrent leur point d’impact au niveau du cerveau, le constat de la libération d’endorphines permettent de saisir les mécanismes physiologiques en cause mais ne peuvent expliquer leur déclenchement. Ils posent la question des relations entre le corps et l’esprit car ils n’agissent que sur des sujets conscients et informés de leur prescription.

Utilisés à l’insu des malades, ils sont sans effet. Le mécanisme des effets des placebos est donc bien psychologique. Le plus souvent une relation et la parole du prescripteur initient un effet placebo qui persistera durant des années et pourra même se transmettre d’une génération à l’autre (une mère peut aisément convaincre ses enfant de l’efficacité d’un médicament placebo) mais il suffit aussi parfois de la lecture d’un magazine pour acheter un placebo. L’effet placebo est capricieux et n’apparaît que chez certains sujets qu’une analyse psychologique ne permet pas de définir.

Au total si les maladies psychosomatiques sont des constructions philosophiques, les conséquences corporelles d’une souffrance de l’esprit ou l’inverse sont constantes. L’effet placebo de la relation, de l’écoute, de la parole est un outil dont la plupart des soignants, faute d’une formation, ignorent la puissance inouïe qui en pratique médicale devrait se substituer à la prescription recommandée par les industriels et réclamée par les patients mais inutile et non sans risque d’une multitude de médicaments efficaces ou non et notamment de la plupart des psychotropes.

Lire l’article complet : La médecine entre le corps et l’esprit

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