Antidépresseurs et nouveaux neurones

Bien que l’efficacité des antidépresseurs sur les dépressions sévères soit démontrée depuis de nombreuses années, le ou les mécanismes d’action de ces molécules sont encore méconnus.

On sait depuis un vingtaine d’années que de nouveaux neurones naissent dans certaines régions du cerveau ( dont l’hippocampe ) toute notre vie, mais leurs rôles étaient méconnus.

Une équipe française vient de mettre en évidence que ces nouveaux neurones sont indispensables à l’action des antidépresseurs grâce au contrôle des hormones du stress ( principalement le cortisol* ).

Une étude sur des souris valide cette hypothèse et bien que le phénomène soit visible également chez l’humain, il est plus simple de l’expérimenter sur l’animal:

  • Un premier groupe de souris ne subit aucun stress particulier
  • Un deuxième subit un stress régulier
  • Un troisième groupe subit le même stress que le deuxième, mais reçoit du Prozac ( antidépresseur ISRS )
  • Après 4 semaines, on constate un légère augmentation naturelle de neurones dans l’hippocampe pour le groupe 1.

    Le groupe 2 n’a par contre produit aucun nouveaux neurones dans l’hippocampe et a perdu tout gout pour l’alimentation, son taux de cortisol est devenu bien plus élevé que la normal, elles sont devenues « dépressives »!

    Le groupe 3 traité par antidépresseur a produit beaucoup plus de neurones dans l’hippocampe que le groupe 1, ce qui a permis de garder le taux de cortisol à un niveau normal: la souris a supporté le stress sans montrer de signes de dépressions en fin d’étude.

    En détruisant très spécifiquement grâce à des rayons X les nouveaux neurones dans le groupe 3, le Prozac n’a plus aucun effet sur les souris qui conservent alors tous les symptômes de la dépression.

    Cela expliquerait pourquoi il faut un temps de latence aux antidépresseurs pour agir: le temps que ces nouveaux neurones se fabriquent et deviennent actif est de +- 2 semaines, ce qui correspond au début de l’effet de la plupart des antidépresseurs.

    Cette découverte capitale va bien au-delà de la dépression, car le stress cause aussi d’autres maux, comme l’anxiété, la douleur chronique, mais aussi le suicide.

    * Pour gérer des situations de stress, l’organisme va mettre en route un système de protection basée sur la libération d’hormones de stress. L’une d’elle le cortisol, va agir positivement en permettant à l’organisme de trouver les ressources énergétiques nécessaires à la lutte contre ce stress. Toutefois, dans des conditions de stress prolongés, une trop forte libération de cortisol à des effets délétères sur le cerveau. Une bonne régulation de ces hormones du stress est donc très importante

    En savoir plus:  Le cerveau

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