Lutte contre l’usage détourné du clonazépam

L’agence du médicament français va durcir les conditions de prescription du clonazépam

Cet anxiolytique – antiépileptique est souvent utilisé en dehors des indications officielles et détourné à des fins de trafic.

Le Rivotril, indiqué dans le traitement de l’épilepsie, doit désormais être prescrit sur une ordonnance sécurisée, a indiqué mardi l’Afssaps dans une lettre destinée aux médecins et aux pharmaciens. Ce type d’ordonnance, difficilement falsifiable, permet de mieux contrôler les quantités délivrées.

Il est déjà utilisé en complément d’autres stupéfiants, comme la méthadone et les médicaments contenants de la morphine.

En outre, à partir du 2 janvier 2012, seuls les neurologues ou les pédiatres pourront décider de mettre un patient sous Rivotril. Cette ordonnance initiale pourra ensuite être renouvelée par n’importe quel médecin. Ce délai au 2 janvier permettra aux spécialistes de proposer un traitement alternatif à leurs patients non-épileptiques et d’arrêter progressivement le Rivotril pour éviter l’apparition d’un syndrome de sevrage. En effet, comme toute benzodiazépine, le Rivotril peut entraîner une dépendance psychique et physique.

Autorisé en France depuis 1986, ce médicament des laboratoires Roche fait depuis 2006 l’objet d’une surveillance renforcée par le réseau d’addictovigilance de l’Afssaps, pour plusieurs raisons.

D’une part, un taux très élevé de prescriptions en dehors des indications de l’autorisation de mise sur le marché (AMM) des formes orales (comprimé et solution buvable) a été relevé, en particulier pour traiter des douleurs neurologiques.

L’Afssaps a également constaté un usage croissant du Rivotril par les toxicomanes à la recherche de l’effet sédatif ou «planant» de cette drogue.  Des trafics reposant notamment sur la falsification d’ordonnances semblent courant.

L’enquête a également montré une utilisation de ce médicament à des fins de soumission chimique, par des agresseurs souhaitant profiter plus facilement d’une personne (comme la drogue du viol de la même famille, le flunitrazépam ou Rohypnol).

Outre l’effet sédatif du médicament, il a des propriétés amnésiants : celui-ci empêche les victimes de garder un souvenir de ce qui s’est passé pendant tout le temps où le médicament a agi.

Chaque année sont vendus en France entre 3,5 et 4 millions de flacons de solution buvables, et entre 2 et 2,5 millions de boîtes de comprimés et entre 40.000 et 45.000 boîtes d’ampoules injectables.

 

En savoir plus sur le clonazépam

Laisser un commentaire

Tout savoir sur les anxiolytiques is Stephen Fry proof thanks to caching by WP Super Cache

La page mise en cache à 04h31 le 19/05/2012 - Par : 38.107.179.210 avait effectué 95 requêtes sql et s'était affichée en 0,301 secondes